mercredi, février 28, 2007

La pôme miaf


Marion Cotillard
(Maquillage à base de graisse de gorille)
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Propos de spectateurs recueillis à la sortie du flim 'La Môme" de Olivier Ouin.

Julie, 18 ans : " C T tro tro bo, L A tro soufér, Snirfl ! Je la compran tro tro. Je la kiffe grave."

Fionna, 22 ans " Laissez moi tranquille !"

Rose, 27 ans : "Snurfl! C'était trop trop beau, ça m'a bouleversé! J'aime Edith! J'aime Olivier, Je snirflp vous aime !"


Reena, 19 ans " Aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah !!!!"



Jean-Yves, Odette et Melissa : " Avec l'aide d'Edith, nous allons repartir du bon pied et nous aimer très fort.."


Claire et Sebast' : " Putain, on en a chié ! Mais c'était bon quand même!"

Marie-Noelle, 35 ans : "Je pense qu' Olivier Ouin se situe du côté de la tragédie. Chez lui, filmer la vie de Piaf consiste à mêler divers temporalités (de l'enfance à la mort) dans le but de stigmatiser la souffrance. La Môme est un long tunnel dans la douleur, l'alcool, la drogue où la joie explose par fragments. Très surfait..."

mardi, février 27, 2007

Kurt Donald VS Lewis Brian












































































































































































la p'trouille de revanche de saturne futur part 4

Dans le hall d’entrée du studio Cordet, Valentine, à l’accueil, salua les trois rockers d’un sourire joli .
« Hello les REVENGE PATROL. Vos amis sont déjà dans le studio trois. J’vous laisse y aller, vous connaissez le chemin. »
Aujourd’hui, Valentine portait un petit pull mauve à grosse mailles moulant, qui avantageait sa poitrine fine et fière, un collier non moins mauve qui coulait le long de sa descente de gorge, ses cheveux noirs tressés inondaient ses épaules fines légèrement découvertes, un léger maquillage cernait ses grands yeux noirs rieurs et un doux fard également mauve teintait ses paupières illuminant sa peau noire. Son sourire doux découvrait des dents d’un blanc nacré, et tout son être irradia encore une fois les trois crétins tout rouges qui se tenaient alors devant elle.
C’était la poule de Big Jill III, le videur du Mo’Groove Club 500, mais qu’y faire ? Encore une fois sous le charme, Jac s’était redressé d’un coup, ses cheveux devenu presque propre, il affichait une bonne tête rayonnante de jeune sportif sain ; Hug sentait revenir en lui toutes les bonnes manières si ardemment refoulées que sa maman lui avait apprises à l’encontre des jeunes personnes de sexe opposé, et même Bob, la bouche ouverte, ne serait pas parvenu à bredouiller trois phrases cohérentes.
« Euh, oui…euh, merci Valentine ont y vons… »
« Et euh…tu vas bien Valentine ? Tu veux qu’on t’apportes un café ? »
« T’embêtes pas trop a l’accueil ?… »
« On fait pas trop de bruit quand on répète ?»
« Tu as entendu notre dernier simple ?? »
Valentine se laissait faire, amusée par ses trois idiots maladroits tout en mâchonnant son stylo.
« Allez les garçons, allez jouez, vous perdez du temps et de l’argent là… »
« Oui »
« Oui Valentine, on y va, passe nous écouter si t ‘as le temps »
« On a monté un slow d’ALOIS MORGANSEN avec Bob pour toi… »
Bob rougit encore plus « Oui, euh, on a remplacé les paroles par euh…Valentine… »
« On se voit tout à l’heure sinon, tu finis à quelle heure ? »
Derrière eux JIM SAPEUR, de L’INTERNACIONAL DOO-WOP CONTINGENT, s’impatientait pour récupérer les clés de son studio alors les REVENGE PATROL durent laisser Valentine, à regret.
Ils traversèrent les couloirs rouges et or des vieux studios Cordet, aux murs défilaient les photos encadrées des vedettes d’avant, figées dans leur sourires et dans leur brillantine, comme un cortège de morts qui accompagnaient les futurs stars jusque dans leur antre à sons.
Devant la porte du studio 3, on entendait déjà les fracas de cymbales et la guitare de Jade qui rugissait.
Dans le sas, Venom s’en grillait une.
Jac le regarda. « Alors V, on se tripote dans le noir en écoutant sa femme jouer ? »
Hug du s’interposer alors que Venom commençait à frapper Jac à terre.
Bob envoya Jac à l’intérieur du studio pendant que Hug calmait Venom.
Dans la salle, les amplis chauds-bouillants se tenaient en corolle, la batterie et le batteur au milieu, Jade debout, rayonnait dans son nouveau vêtement (une robe courte blanche striée orange en biais avec décolleté asymétrique suggérant aux regards sa poitrine divine), l’orgue Drummond sur le côté qui prenait un bon tiers de l’espace total de la pièce, le monceau de guitares de Bob qui s‘entassaient dans un coin, et Barnaby, torse nu, assis sur le Drummond, qui soufflait dans son sax comme s’il était seul au monde..
Jac brancha sa Fureton Injection B600 dans l’ampli et fit ronronner les graves de son instrument, Bob activa la Vibro Jet, Hug s’installa devant le micro, trépignant, Jade avait déjà les doigts chauds, le batteur roula un tambour et ils giclèrent « Come on my Little Red Shirt » pour se chauffer un coup. Ils s’arrêtèrent au milieu pour que Bob aille se fumer une clope.
Dans le sas, Venom comptait des billets, passait des coups de fils, et fumait un cigarillo. Bob ne lui adressa pas la parole.
Reparti sur « Come… » Hug hurla et se retourna la gorge en bleu, le batteur tanna ses peaux et fit fumer les cymbales, Jac ramona les basses à en faire gerber un bopper, Bob décréta l’état de guerre à Jade en lui ébouriffant la face d’un solo larsené triple pentatonique râclé à l’envers, et Jade lui décocha une montée chromatique retournée feedback sinusoïdal dans les dents. Le rythme implacable de la basse et de la batterie groovait solide et brûlant, et Hug se propulsait la voix de la gorge par des coups de hanches bestiaux. Ca chauffait déjà velu quand Gladislas, en retard comme toujours, s’installa derrière l’orgue Drummond, et ouvrit les vannes de son énorme et vibrant clavier. Dans son coin, Barnaby bavait un flot de saxeries incandescentes, totalement couvert par les autres instruments.
A la fin du morceau, alors que Barnaby soufflait encore, Hug traversa chaque musicien du regard comme pour les défier.
Jade se frotta le minou contre sa guitare en lançant l’intro d’« I Wanna Meat Pussy » et Bob fracassa sa pédale de fuzz pour laisser son ampli s’entreculer d’un larsen fumant. Jac et le batteur dévalèrent la pente du couplet en lâchant les freins et Gladislas envola son clavier dans des sphères saturées de soul boursouflée. Au refrain, Hug fut renversé par Barnaby qui voulait prendre sa place en face du micro, il lui sauta dessus et ils commencèrent à se battre, Barnaby donnant des coups pieds sans cesser de jouer, et Hug qui continuait à chanter le refrain en frappant Barnaby avec le manche de la basse de Jac.
Gladislas reprit la partie de basse de Jac qui avait du mal à jouer alors que son instrument partait régulièrement dans la tête de Barnaby et Bob parti dans un solo avant la fin du refrain, en écrasant le vibrato de la Vibro Jet à contre temps. Vexée, Jade empoigna un archet, poussa d’un coup le volume de son ampli, et scia ses cordes dans une nappe de saturations, wha wha, tremolo et rétrodistorsion . Hug parvint à récupérer le micro pour hurler le refrain mais le batteur, en entendant les solis de guitare, embarqua dans un shuffle à tombeau ouverts croyant que c’était l’heure de se lâcher. Perdu, Jac envoya sa basse à travers la pièce et sortit pour aller embêter Venom. Bob retourna dans sa partie rythmique en donnant des coups de hanches dans sa guitare, et Jade laissa la sienne s’exprimer toute seule en la faisant tomber puis en la traînant par terre, Gladislas enclencha l’énorme trémolo à grosses pales dans sa cabine de bois sur lequel Barnaby était assis et le tremblement l’envoya bouler par terre en s’enfonça le bec de Ludmilla dans la gorge. Le batteur tapait maintenant un solo éclaté et Bob seul se retrouva à jouer avec lui alors que Gladislas, qui avait très peur de Barnaby, avait lâché son poste pour aller s’excuser de l’avoir fait tomber. L’ampli de Bob implosa alors qu’il enclenchait sa pédale de reverb à induction et le haut parler brûlant vint se disloquer contre une cymbale qui tomba par terre en tranchant le câble de Jade en deux.
C’était clair pour tout le monde que la répète était terminée et il fallut convaincre Venom que ça n’était pas grave, qu’ils connaissaient tous très bien les morceaux, que de toute façons les REVENGE PATROL FROM FUTUR SATURN n’avaient pas besoin de répéter que de toute façon ils étaient les meilleurs et puis qu’il aille se faire foutre ce manager s’il n’était pas content et Hug dut séparer Jac et Venom pendant que Jade déclarait qu’elle quittait le groupe.
En sortant, il tombèrent sur un musicien de brutal death metal qui répétait dans le studio d’a côté, et qui était venu leur demander poliment si ils pouvaient jouer un peu moins fort.
Tout le monde se réconcilia devant un café à l’Apero des Amis, et on s’envoya des lampées de flasque de poche de cul de Bob et des pastilles d’Anal Malox pour fêter ça. Dehors, des gamins payés par Venom chargeaient le camion sous la surveillance de Barnaby qui était resté jouer sur le trottoir.
Il était 14 heures 30.

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jeudi, février 15, 2007

Brouni


Le nouveau Carla Bruni est tout nul, uniformément chiant. B.O. idéale pour retapisser pastel ton nouveau appartement à la croix-rousse en pensant à autre chose. Country folk lavasse, Bertignac y allant de quelques effet dégoutants sur les guitares accoustiques, dieu que le son de ce disque est laid. Visent le marché américain, paraît-il.

Niveau chanson, c'est zero, rien de spécial, la routine quoi.

Je dis tout ça parceque je suis obligé de l'ecouter en le catalogant pour mon taf.

Bonsoir.

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mercredi, février 07, 2007

La patrouille d'revanche du futur saturne PART 3

C’est ce trou du cul de Venom qui ouvrit avec un large sourire. Il venait de se payer une semaine au Maroc avec sa belle guitariste, l’avait baladée déchirée dans sa puissante auto (une Delafoy-Catini) à travers les souks et le désert, s’envoyant des narguilés de Haschisch du soir au matin, et avait sûrement manigancé tout un tas de sales coups pour le groupe.
« Salut les pt’its gars » lança-t’il, « Vous avez eut raison de passer, venez boire un coup je vous emmènerais à la répète après ».
Bob s’installa debout près du juke box, Jac s’effondra dans le canapé en cuir, à coté de Jade, et Barnaby parti dans la chambre à coucher pour pouvoir saxer tranquille.
Bob mit un jeton dans la machine et un 45 tours des RURAL NEVROTIC MORMONS KILLERS se mit a râcler. Tout en analysant le petit solo de fuzz avant le deuxième couplet, il s’absorba dans la contemplation du décolleté de Jade. Un truc énorme qui le passionnait en secret.
Venom servit des whisky, mais Jac prit une bière, Bob un gin, et Jade une ligne de Tantrexx Poulpifuge. Il était neuf heures et demi du matin. Le juke box donnait maintenant un live des SCREAMING BRIDE QUARTERON, Jade se caressait un peu la chose sans s’en rendre compte à travers son futal velours quatricoté, les yeux perdus au niveau de la braguette de Bob, un truc mystérieux qui la torturait inconsciemment. Jac s’endormait par intermittence en rêvant de Guy Debord, Bob sirotait son Gin, et Venom fulminait dans son costume vert-noir pieds-paquets de chez Spergliosotto.
« Bon, bonnes nouvelles, Rust Records sort votre deuxième simple dans un mois, et on joue au Stomp Palace le 12 pour fêter ça. Juste après y a le festival au pistodrome de Caillant-les-Mines, c’est confirmé. Ca roule les pt’its gars. »
Jac détestait que Venom disent « On joue » . Y jouait pas, lui, à part à négocier les contrats. En signe d’approbation amicale, les musiciens restèrent silencieux. Un manager c’était là pour trouver des concerts, ils allaient pas le remercier de faire son boulot.
« Ca fait plaisir de voir votre enthousiasme ! Allez hop, on part en répète, mais avant on passe aux galeries javanaises pour acheter des sapes à Jade pour ce soir. »
« Et Venom, j’espère qu’on va se faire de la thune, nous aussi on veut partir au Maroc… »
Venom se leva d’un coup, furieux tout rouge : « Il commence à me courir ce petit con. Qu’est-ce qui parle d’argent ? Pas foutu de tenir un concert debout, connard.. si tu crois … »
« Ta gueule chéééri. » dit simplement Jade, et Venom se tut.
C’est Venom qui avait dégotté l’immense bus dans lequel il fallait déplacer cette bande d’intermittents du massacre.
Auparavant ils se baladaient dans « jenny », un vieux van pourri sans sièges, dans lequel ils fourraient le matos avant de s’asseoir dessus. Un jour ils avaient oublié Öğünç, leur guitariste turc, sur une aire d’autoroute en Allemagne. Un manquement sans doute du à l’inconscient collectif du groupe qui en avait plus qu’assez de ce personnage instable qui buvait plus que de raison et pratiquait sans relâche l’auto sodomie à l’aide de divers micros, et aussi le stage diving pendant les balances. A leur retour ils avaient engagé Jade pour le remplacer, et celle-ci avait trainé dans son sillage son régulier, Venom, qui décida de laisser tomber les assurances pour s’occuper du groupe.
Bob, n’avait pas envie de perdre son temps à reluquer de la fringue, ils prit Jac avec lui, laissant Jade et Venom se débrouiller avec Barnaby et son gros sax, et pris le métro jusqu’au quartier résidentiel d’Hug, chanteur vedette des REVENGE PATROL.
Jac réfléchissait à un moyen de virer Venom sans perdre Jade, pendant que la rame tressautait de tout sa vieille carcasse sur les rails. Bob se limait les ongles avec ses clés, et rêvassait à la Vibro Jet et aux seins de Jade, épatants.
Il enfonça son doigt dans la sonnette et le petit chien vint lui japper au visage.
La maman de Hug vint ouvrir le portail et Bob eut à peine le temps de cacher le décati Jac derrière un buisson pour ne pas qu’elle le voit.
Bob retira ses lunettes de soleil et se força à affecter une espèce de sourire poli.
« Bonjour madame, je viens chercher Hug qui doit venir réviser avec moi a la maison »
Madame n’appréciait guère les fréquentations de son fils, mais elle le laissait quand même aller avec ce Robert, qui semblait être un étudiant appliqué toujours près a donner des cours de maths à son fils. C’était d’ailleurs un des petits revenus faciles contre le quel Bob ne crachait pas.
« Bonjour Robert, je cours chercher Hug ! »
Elle repartit en direction de la maison, elle n’allait tout de même pas faire entrer Bob.
« Huuuuuuuuuug, huuuuuuuuuuuuuuuuug, mon chéri, le professeur est là !!! »
Pendant ce temps, Jac s’était endormi sur le bitume.
Le chien jappait toujours. Bob avait la haine grave et goba un autre Drynamok pour se maintenir en forme. Il sentait déjà qu’il était en sueur, qu’il avait le rouge aux joues et qu’il tremblait mais il lui fallait ça pour éviter de sortir sa lame et de faire des petits bouts de chien.
Hug arriva troussé de sa mère qui lui faisait des recommandations pour le week-end.
« Vous savez Robert, Hug m’a dit que vous alliez parfois boire un verre le soir dans un bar, je le conçois, mais attention, que la distraction ne prenne pas le pas sur ses week-end de révisions ! »
« Ne vous inquiétez pas madame Branlier , je veille sur votre garçon. »
Jac commençait à frétiller et à faire des bulles sur la chaussée, caché à la mère par la haie d’arbre qui entourait la maison
« Bon Mamaaaaaaaaan ! » Gueulait Hug.
« Et expliquer lui bien les logarithmes »
« Voui voui madame Branlier »
« Et toi Hug, prends bien tes vitamines pour bien te concentrer… »
Mais déjà Hug avait passé le portail entraînant Bob, laissant derrière lui la torpeur glaçante des maisons bourgeoises, la mollesse implacable de son lotissement figé et ses petites haies d’arbres connards bien taillés , de sa mère stricte et triste qui lui soufflait dans l’oreille le relent fétide de ses espérances maternelles, et déjà Hug sentait monter la fureur et la sueur du concert de ce soir et son cortège de drogue et de sexe.
Quand Madame Branlier eut refermé le portail derrière elle, laissant son fils à ses saines révisions, Jac couru pour rejoindre Bob et Hug, qui s’envoyait tout deux une grande lampée de la flasque de poche de cul de Bob, et gobaient des pilules, et Hug commençait à trembler et à baver et il se jeta dans une pissotière au bord de la route arracha ses vêtements, déballa ses bottes et son blouson de son sac, enfila le tout avec rage, dégaina une cigarette qu’il alluma rageusement, revint sur la chaussée en insultant les voitures qui passaient et jeta des cailloux sur une vieille femme en mobylette avec des poireaux qui dépassaient du porte bagage.
Dans la station de métro, Hug sauta avec hargne par dessus les barrières et fit claquer le talon de ses bottes sur le sol. Bob l’imita en ayant auparavant fait glisser Jac du coté de l’illégalité. Sur le quai, Hug bouscula les gens l’air méchant, tout le monde s’écartait au passage des REVENGE PATROL, bordel, personne n’auraient osé faire une remarque à ces chacals puants et fumants qui se déplaçaient entourés d’une aura de pas drôles qui ne rigolent pas. Dans la rame, les pieds bien calés sur le siège d’en face, Hug parlait fort des boutons qui lui étaient poussés sur sa langue après qu’il ait léché cette sale punk d’Ursula dans le cul. Bob s’allumait des clopes et Jac faisait des sourires à une pouffiasse de quatre ans.
Arrivés à la station Turin-Malvert, ils commirent encore quelques incivilités, histoire de s’assurer qu’ils étaient bien vivants, avant de se retrouver à l’air libre, au milieu des faubourgs saturés de circulation anarchique.
En route vers les studios Cordet, Hug s’embrouilla deux fois avec des petits caïds à blousons, qui crachotait sur le trottoir en attendant de mourir et seul le sang-froid de Bob calmait les esprits dans ces instants incertains.
Le bus était garé devant les studios, Bob s’apprêta à sonner quand il vit arriver sur le trottoir la silhouette bourrue et flasque du commissaire Jouve accompagné de celle mince et vicieuse de Supurpain, son jeune chien de second..
Le vieil homme drapé dans son pardessus démodé arborait le flegme policier des grands jours de chasse au rockeurs. Supurpain lui, frétillait à vue d’oeil du désir presque sexuel d’en découdre.
« Alors, les gars, l’orchestre répète ces temps ci ? »
Jac, qui, assis sur une borne incendie, se récitait du Mallarmé à lui-même, eut dans sa torpeur rêveuse, le sain réflexe de plaquer Hug au sol, qui avait déjà commencé à sortir sa batte de son sac, prêt à refouler à l’ancienne l’intimidation maréchaussée. Il fallait laisser Bob prendre les choses en main.
« M’sieur l’commissaire, ya pas d’mal a ça…. »
«Oh, le mal, chez vous c’est pas ça qui me fait peur. Ça serait plutôt les enfants illégitimes et votre propre auto-destruction qui me ferait souci, mes pt’its gars… »
« J’vois pas de quoi vous parler m’sieur l’commissaire »
« Et la petite Judith VanOuth, tu veux qu’on en parle, sale communiste ? Que son père est encore allé la récupérer devant ta porte ce matin même ! » gueula Supurpain, rouge et tremblant, la main sur le pistolet d’alarme qui lui pendouillait au coté droit.
« Fermez la, Supurpain. » fit Jouve, il ne s’agit pas de ça ici. Demandons un peu à notre ami Robert de nous montrer le contenu de ses poches. »
« Et pourquoi que j’t’offrirais donc la vue de mes effets personnels, mec, commissaire ? »
« Joue pas au con, Manderlieu, le commissaire t’as parlé, tu veux qu’je t’aide ?»
« Fermez la Supurpain, Robert est assez grand pour se débrouiller tout seul. »
Bob sortit lentement un vieux ticket de métro la honte, son larfeuille, ses clés, une pièce de cinq, une photo dédicacée de Herbert Lavenders des SHOCKING BLISTER FLAG , et le numéro de la blonde d’hier soir, qui semblait donc s’appeler Judith, sur un emballage de préservatifs goût Kanterbrau.
Après la vérification par lui même, le commissaire compris qu’il ne choperait pas Bob cette fois.
« Et pourquoi qu’on fouille pas les deux autres Punks, commissaires ? » hurla Supurpain, secoué de spasmes policiers vengeurs et frustrés.
« Fermer là Supurpain, c’est le petit Robert Manderlieu qui m’intéresse, je le laisserai pas faire de peine à sa pauvre mère, hein, Manderlieu, c’est bon pour cette fois mais pas de connerie à l’avenir, vu ? »
Bob resta de marbre. Supurpain se convulsait en deux, plein de bave et de rage, le commissaire Jouve fixait Bob l’air menaçant. Au loin, Jac contenait Hug du restant de ses forces. Quelques badauds inconséquents et autres filles de joies boursouflées savourait l’animation cramponnés au trottoir.
« J’peux aller répéter maintenant ? » Le commissaire s’en retourna sans mot dire, suivi de Supurpain qui avait du mal à ne pas se revenir coller trois balles a Bob.
Jac et Hug coururent vers Bob dès que les deux flics eurent tourné le coin de la rue. Hug gueulait et s’arrachait les cheveux.
« AAAAAAAAARRRGGGGGGGHHH. PUUUUUUUUTAINN ? LAISSE MOI Y ALLER BOB J’VAIS LES BUTER PUTAIN AAAAAAAAAAARGHHHHHHHHHHHHLLLLLAAAAAAAAAEEEEEEEEEEEEE… »
Jac s’accrocha à Bob « Merde mec merde, j’ai pétoché dru ! Où sont les pilules putain, mec … ? »
« J’les ai foutu dans ta poche mec, qu’est ce que tu crois, Jouve m’attends toujours avant les répètes, rends les moi d’ailleurs. »
Surpris, Jac sortit le sachet de sa poche pendant que Hug détruisait une poubelle à grand coups de coudes en hurlant.

vendredi, février 02, 2007

La patrouille de revanche de Saturne du futur PART 2

Jac avait vraiment envie d’expliquer a Bob qu’il n’était pas sympa, qu’il fallait pas le violenter comme ça, qu’il allait se la faire, mais généralement avec Bob il se taisait. Bob le pris par le bras et l’entraîna vers les escaliers qui menaient a l’étage.
« Pas le temps pour la nique mec. On doit réveiller tout le monde et partir répéter. Ce soir le concert, c’est pas n’importe quoi. Tu te tremperas le vergeon plus tard. Merde ! »
Barnaby, pas besoin de le réveiller, il ne dormait jamais. Il disait, c’est plus pratique quand tu tiens un club. Alors il organisait des improvisations sans fin dans sa chambre au dessus du bar et des musiciens barbus se relayaient autour de lui. Barnaby s’était détaché des contingences de ce monde, mettait le moins de temps possible à se nourrir, boire chier et baiser, pour pouvoir vite retourner à son sax baryton, son seul vrai amour.
Ce matin, Bob et Jac le trouvèrent accroché à son instrument, hululant de petits notes grinçantes et plaintives, au milieu de ses tentures indiennes, de ses coussins de ses tapis, de ses amis, de quelques paires de fesses dénudées qui apparaissaient ça et là entre les couvertures et les cousins en peau de gnou, de ses percussions africaines, de ses livres qu’il ne lisait plus de ses vinyles qu’il n’écoutait plus, beau, noir, musclé, barbu, tendu.
Bob s’avança vers lui. « Hello mec. On viens te tirer de ta putain de mjc de hippies mec, viens répéter avec nous. »
Avoir Barnaby dans son groupe s’était jamais définitif, tout les jours il fallait le lui proposer. Une fois il jouait dans les BURNING JAZZ TESTOSTERONES et puis il était parti un soir pour vivre six ans en Angola avant de revenir comme si de rien n’était.
Barnaby ôta sa bouche du bec de Ludmilla (son saxophone) comme le nourrisson s’arrache au téton goulu de la béatitude maternée, fit un signe de la tête et il se mit en route en se remettant à jouer.
On avait alors, Bob silencieux fumant des clopes, Jac traînant la patte en ruminant de sombres pensées situationnistes, et Barnaby soufflant dans Ludmilla, tout trois déambulant dans la rue, avec les gens qui se retournaient sur eux.
Un engin rose de type mobylette, orné de fanions et d’autocollants dépassa les trois, avant de faire demi-tour vers eux.
« J’savais bien que c’étaient les FUTUR SATURN que j’voyais de dos, beuarrrrrrrrrrrrrr a a a argl. ». Pepo arrêta le moteur de la bécane et descendit de sa monture. Ce has been énervait passablement Bob. D’abord si on voulait utiliser une abréviation pour nommer son groupe, on disait les REVENGE PATROL. Pas les FUTUR SATURN. Ensuite, se retrouver à converser en pleine rue avec ce gamin qui portait un blouson de matière synthétique n’était pas ce qui pouvait arriver de plus plaisant dès le matin. Mais bon ce type était le seul en ville qui arrivait à dégotter des pastilles genre Drynamok, Hydrotones, Vagina Eyes, Cebotilium, RedOstrich et Purplegum.
« Vous jouer ce soir les gars ? Vous voulez du carburant ? »
Bob n’aimait pas s’occuper de l’intendance, mais Barnaby soufflait dans son sax , ne parlait de toute façons pas aux blancs à part un nombre restreint d’initiés, et Jac s’était absorbé dans son image reflété dans une vitrine.
« Balance toujours mec. »
Pepo sortit un petit sachet de sa poche et l’envoya aux mains de Bob.
« C’t’un florilège special vot’ gang les gars. Tout se que vous aimez. J’ai même rajouté des Azuro Prima Pills. C’est nouveau, ça vient de Berlin, ça fait pisser bleu, c’est marrant.
« Ok, connard »
« Ca fait trente sacs »
« Et ben, t’as qu’à passer au concert, on te dira si c’était bon » répondit Bob en enfournant le paquet dans sa poche avec un sourire vicieux étranglé de quelques gouttes de ricanement aux frémissures des lèvres. Quand Bob souriait, c’était jamais bon signe.
« Ah euh non, merde les gars ! Vous m’aviez dit que vous me referiez pas ce coup là ! J ‘ai des frais moi….j’peux pas… rendez…m…. »
Bob commença à s’éloigner avec ses trois compagnons, Pepo tenta de les suivre mais Bob se retourna si violemment en face de lui que Pepo bredouilla quelques résignations et retourna monter sa tondeuse ridicule en jurant que c’était la dernière fois qu’il avait a faire a ces types, que de toute façons il jouait de la musique de raciste, et qu’ils avaient de la chance qu’il soit un type cool.
Jac agrippa Bob par la manche
« Non pas par là mec »
Bob déviait vers la gauche, insensible même au tiraillement de son habit qu’il n’aurait pas toléré en temps normal, irrémédiablement attiré vers la rue Herbert Vibrato
« On na pas l’temps c’est toi qui l’a dit »
De toute façon Bob était déjà entré dans le magasin.
Il salua le gros Yvo derrière son comptoir d’un infime tressaillement de la mèche et se dirigea droit vers la Super Vibro Jet B 29 de chez Dual Electronics , 1966.
La beauté n’était pas à vendre, mais depuis le temps, Bob avait le droit de passer derrière le comptoir pour la décrocher du mur. Yvo lui avait promis qu’il lui ferait vendre après sa mort mais c’était ravisé de peur que Bob ne le bute.
Bob fit courir ses narines le long des bois et plastiques patinés par le temps et la sueur. Les sueurs confondues de James Silkwood des FLYING MOON SURFER COMBO, de Kirk Morgansky des PORTOS FEVER ATTACK, et de Hugues De Bure des VULCANOÏD CYCLONIC THRUMB.
Bob caressa de la paume de sa main le manche jauni de la Vibro Jet, passa son doigt sur les boutons poussoir en bakélite blanc cassé, le cliquetis de la mécanique lui ravissant les ouies, il effleura le monstrueux vibrato en métal, fit faire à ses yeux le contour de la plaque de protection en plastique marbré marron brillant, fit courir son regard le long des vingt quatre cases ornées de fines touches de nacres, et ses yeux vinrent se poser sur la tête de l’instrument, où étaient inscrites les lettres magiques en léger relief d’encre noir bleutée : « Dual electronics Super Vibro Jet B29 serie 00236589 hand made Milton USA 1966 »et le vieux sticker « importé par Joubert Musique et Ondes, 27666 Conflu-sur-Ozergues »
Bob aimait se ressourcer un peu avant un concert devant le corps de son amour. Il évitait d‘en jouer car il savait qu’en retrouvant sa Super Vibro Jet « red series » de chez Dual Electronics 1967, ses doigts supportaient mal la différence, pendant la répète.
Jac victime d’un malaise, s’effondra sur le présentoir des médiators qui se répandirent sur le sol. Yvo s’approcha de Jac, l’aida a se relever, pendant que Bob, après avoir délicatement posé la Vibro Jet, commençait à ramasser sans conviction les plectres en plastiques, en s’en fourrant un sur trois dans la poche. Jac était au bord des larmes, Barnaby ne bougea pas mais cessa tout de même de jouer du sax par respect. Tous assez tristes, ils quittèrent le magasin vite fait.
« Je voulais créer une diversion pour que tu puisses embarquer la Vibro » mentit un peu Jac.
Il avait surtout déjà besoin d’un remontant, ce petit. L’équipée arriva devant la porte d’immeuble de Jade, seconde guitariste des REVENGE PATROL. Une grande bicoque insalubre ou Jade et Venom avait aménagé un appart’ en maison du stupre et de la débauche.
Bob avait dans l’idée de se faire offrir un coup à boire par Jade et par Venom, son mari de manager. Et de se faire emmener du même coup à la salle de répétition, située dans les studios Cordet, qui étaient assez loin.

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